Chanson de geste de dix-huit
mille vers, désignée aussi par le nom du héros principal, Renaut de
Montauban. Elle raconte les conflits qui opposent Charlemagne à quatre
barons révoltés, les fils d’Aymes de Dordone : Renaut, Alart,
Guichart et Richart. À l’origine de cette révolte, qui exploite le
thème héroïque de la démesure, on trouve un neveu de Charlemagne,
Bertolaï, qui a frappé Renaut au cours d’une partie d’échecs.
Renaut fait en vain appel au roi, qui a plus l’esprit du clan familial
que le souci d’une justice royale. Renaut ayant tué Bertolaï, la
machine infernale de la vengeance se met en route. Rejoint par ses frères,
qui font passer l’intérêt du sang avant la fidélité au
roi-suzerain, Renaut mène une vie vagabonde. On circule des Ardennes à
Bordeaux, de Montauban à Dortmund, en une série d’épisodes
guerriers marqués par des sièges, des guets-apens, tout cela rehaussé
d’éléments merveilleux. Les barons reçoivent en effet l’aide du
magicien Maugis et du cheval Bayart qui a l’intelligence d’un être
humain et une force surnaturelle. Au cours de ces pérégrinations, nos
héros fondent le château de Montauban. Renaut part avec Maugis en pèlerinage
à Jérusalem. Revenu comme mendiant à Cologne, il travaille à la
construction de la cathédrale quand il est assassiné par d’autres
ouvriers. Autour de sa dépouille se multiplient les miracles.
Ainsi la chanson de geste se trouve associée au culte de saint Renaut
que l’on a célébré à Cologne. Cette légende a aussi connu un
grand succès en Espagne, au XIII e siècle (chanson de Roncesvalles),
en Italie au XIV e siècle (Rinaldo), et de nouveau dans le romancero
castillan au XVI e siècle |
Les 4 fils Aymon chevauchant Bayart |